Rhone en vert

Domaine de la petite Gallée, histoire d’une conversion… - 19/09/2009

C’est en 1991, à l’âge de 21 ans et après l’obtention d’un BTA viticulture œnologie que je me suis installé sur l’exploitation familiale de 12 Ha, le Domaine de la petite Gallée. Notre production, essentiellement viticole (11 Ha en AOC Coteaux du Lyonnais) se complète de fruits (abricots, cerises) (1 Ha) et légumes. La quasi-totalité (environ 95 %) des 35000 bouteilles de vin blanc, rouge ou rosé, est vendue au caveau notamment grâce aux permanences de mes parents pourtant à la retraite aujourd’hui.

Même si j’ai toujours été attiré par une agriculture raisonnée, la pression des grandes firmes devenait pour moi de plus en plus pesante, et j’avais l’impression de trop intervenir sans me poser assez de question. Je ne me reconnaissais plus dans cette agriculture-là.

C’est en 2002, que j’ai sauté le pas et j’ai commencé par travailler autrement 1,5 Ha : travail mécanique des sols (d’où l’achat de matériel spécifique) et début d’utilisation de tisanes de plantes (ortie, prêle, osier …). Petit à petit, les surfaces travaillées autrement ont augmenté sur l’exploitation de 2 puis 3 Ha, toujours sans certification. En 2007, avec l’appui d’une technicienne de la chambre d’agriculture et de l’ARDAB, ce sont 6 Ha de vignes qui sont passées en conversion vers l’agriculture biologique. Puis, malgré les mauvaises conditions climatiques de 2007, toute l’exploitation (arboriculture et viticulture) a été engagée dans cette démarche en 2008. Cela m’a permis de retrouver de nouvelles motivations pour mon métier. Cette année, ce fut pour moi un grand plaisir de présenter à ma clientèle mes premiers vins issus de raisins en conversion vers l’agriculture biologique. L’accueil de la plupart de mes clients a été étonnant, entre encouragements et questionnements, sur cette pratique nouvelle. Mais pour moi, il est essentiel de toujours mettre en avant la qualité gustative de mes vins, expliquant ensuite qu’ils sont issus de raisins en conversion vers l’agriculture biologique.

Au cours des différentes formations organisées par l’ARDAB, j’ai pu côtoyer des professionnels très intéressants et très pointus au niveau technique. De plus, le partage d’expériences et les échanges entre professionnels sont toujours riches d’enseignement.

Cette année notamment, j’ai particulièrement apprécié la rencontre technique entre vignerons « bio » des coteaux du lyonnais et des Cote rôtie/Condrieu organisée conjointement par la chambre d’agriculture et l’ARDAB ainsi que l’article « du coté de la viti bio » publié sur chaque bulletin d’information sanitaire de la fédération des coteaux du lyonnais.

Et même si l’image de l’agriculture biologique doit encore évoluer dans la tête des gens, professionnels ou non, tout semble maintenant mieux s’ouvrir à l’agriculture biologique, comme l’esprit des 6 vignerons des coteaux du lyonnais qui nous ont rejoint…

Patrice THOLLET, viticulteur en conversion, adhérent ARDAB

Domaine de la petite Gallée
9 rue Valois -  69390 Millery
Tél. : 04 72 30 19 57

Source : Lettre info n° 119 de l’ARDAB

L’ARDAB est l’association des producteurs biologiques du Rhône et de la Loire, créée en 1986 par des producteurs. Sa mission, conduite par une équipe d’ingénieurs, est de promouvoir une agriculture performante et respectueuse de l’environnement.

A voir : www.corabio.org. Corabio est la coordination Rhône-Alpes de l’agriculture biologique. Créée en 1994, elle représente les intérêts collectifs des agriculteurs biologiques auprès des pouvoirs publics. Elle fédère quatre associations départementales ou interdépartementales de promotion de l’agriculture biologique (ADABio; ARDAB; AgriBioDrôme; AgriBioArdèche).